Hydrocarbures : les opérateurs se forment en immersion 3D

Plus besoin d’envoyer un opérateur sur le terrain pour lui faire découvrir une installation, localiser des vannes ou s’entraîner à des procédures d’urgence. Il peut se former sur un modèle immersif 3D connecté au simulateur de procédé, qui répercute l’impact de chaque geste sur les paramètres de pression, de température, etc. Une innovation implantée sur une unité saoudienne de récupération d’éthane.

Les opérateurs de terrain des sites pétrochimiques se forment habituellement en 2D, sur des écrans qui abolissent les distances, les perspectives et la gravité. Avec l’immersion 3D, ils découvrent un univers certes virtuel, mais bien proche du « vrai monde ».

Les déplacements se font à la vitesse du piéton, ce qui permet d’appréhender les temps de trajet. Il faut emprunter un escalier pour changer de niveau. Il est impossible de traverser une cloison ou une conduite : il faut les contourner.

L’opérateur de terrain agit, le procédé réagit

« Nous ne sommes pas dans le jeu vidéo mais dans la représentation du réel, souligne Ludovic Cariteau, chef de projet Indiss Plus chez CORYS. Tout ce que l’opérateur pratique en 3D lui servira dans son activité : mémoriser l’agencement du site, identifier le plus court chemin d’un point à un autre, trouver une vanne masquée par un escalier… »

L’expérience immersive ne s’arrête pas là. Une fuite de gaz ou de liquide donne naissance à un nuage qui se forme selon un modèle de dispersion, et monte ou descend en fonction de la densité du produit. Toute intervention de l’opérateur sur une vanne ou un panneau de contrôle est répercutée par le simulateur de procédé. L’intéressé observe ainsi les conséquences heureuses ou malencontreuses de ses gestes sur des paramètres-clés, y compris l’incident voire l’accident.

« Nous disposons d’une série de « traducteurs » capables de convertir n’importe quel format de conception CAO » précise Ludovic Cariteau. Si le site est trop ancien, son modèle immersif est réalisé à partir d’une campagne photo ou vidéo.

Le plus délicat : interconnecter la 3D et le simulateur de procédé

Au départ, il faut le préciser, la 3D vit sa vie séparément du simulateur de procédé. Il est d’ailleurs possible de la rajouter après coup sur un simulateur existant.

Le point critique de tels projets est l’interconnexion des deux modèles. Il s’agit de prendre en compte vanne et panneau de terrain, avec leur emplacement exact, leur identifiant, leur effet sur la réaction en cours… Un travail très minutieux, mené chez CORYS par des ingénieurs procédés : eux seuls sont capables de juger si les données qu’ils intègrent sont cohérentes avec la physique et la conformation de l’unité.

À quoi peut-on former des opérateurs avec cet outil ? D’abord, comme expliqué plus haut, à la découverte du site, des équipements à opérer, des distances, des parcours les plus pratiques. Certes, on peut le faire aussi en se rendant sur les lieux. Mais dans des pays où les températures dépassent souvent 40°C à l’ombre ou dans des conditions arctiques, les opérateurs calculent au plus juste leurs déplacements extérieurs.

Idéal pour s’entraîner aux démarrages, arrêts et procédures d’urgence

Second type de formation, l’apprentissage et la révision des gestes de sécurité, des procédures d’urgence et des démarrages/arrêts de l’installation. Les opérateurs les pratiquent rarement dans la vraie vie, mais doivent être rapides et précis quand l’occasion se présente. En 3D, cet entraînement est extrêmement réaliste. Rien de tel pour aiguiser les réflexes.

Le modèle immersif est également adapté à la formation de nouveaux embauchés. On peut aussi l’utiliser après une modification de procédé, pour initier les opérateurs de terrain aux nouveaux gestes à accomplir.

Enfin, l’interconnexion 3D/simulateur de procédé rend possible la formation conjointe des opérateurs de terrain et de leurs collègues de salle de contrôle. « En exploitation, ils interagissent en permanence par échanges radio, remarque Philippe Thiabaud, responsable commercial de l’activité Hydrocarbures. Ils ont besoin d’esprit d’équipe, de compréhension mutuelle, de modes opératoires partagés pour une collaboration efficace. Je ne vois rien de mieux que l’immersion 3D pour les entraîner ensemble et gagner en efficacité. »

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